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Grande idée pour lutter
contre la raréfaction du pétrole, ceux-ci
s'avèrent plus coûteux en énergie,
faiblement réducteurs d'émission de
gaz à effet de serre et propagateurs de l'agriculture
intensive très polluante et destructrice des
écosystèmes : les dits biocarburants
n'ont rien de bio !
Agro-carburants : une fausse solution durable
Le développement de carburants d’origine végétale,
destinés à se substituer à ceux d’origine fossile
est présenté par les pouvoirs publics comme une solution
efficace pour lutter contre le réchauffement de la
planète. L’Europe a donc décidé pour atteindre son
objectif de réduction des émissions de gaz à effet
de serre dans le cadre du Protocole de Kyoto (-8%
en 2010 par rapport au niveau de 1990) d’incorporer
des agro-carburants à hauteur de 10% dans les carburants
classiques en 2020. A l’échelle française, le Plan
Villepin place cet objectif à 7% dès 2010. Le développement
des agro-carburants est également présenté comme la
solution à une dépendance énergétique dangereuse,
à la création d’emplois en zone rurale et comme un
nouveau débouché pour l’agriculture essoufflée des
pays industrialisés. Ceci explique le caractère volontariste
et l’effort budgétaire important en faveur de cette
politique, dont l’effet reste pour l’instant médiocre
sur la production et qui bénéficie principalement
aux filières industrielles au travers de détaxations.
Une contribution faible à la réduction des émissions
de gaz à effet de serre du secteur des transports
À toutes les étapes de fabrication, la production
d’agro-carburant rejette des gaz à effet de serre
(de la fabrication d’engrais de synthèse pour la culture
au transport jusqu’au lieu de vente). Au final, même
si la plante a capté du CO2 tout au long de sa croissance,
le bilan en termes de réduction des émissions de gaz
à effet de serre reste moyen, car il a fallu utiliser
de l’énergie fossile tout au long du processus de
fabrication de l’agro-carburant. Selon les modes de
calcul, les réductions annoncées d’émissions de gaz
à effet de serre sont très variables (réduction de
moitié selon certaines sources, mais selon d’autres
sources on constate un léger dépassement par rapport
aux émissions générées par les carburants fossiles),
montrant bien qu’il subsiste encore des imprécisions
concernant la pertinence des agro-carburants pour
limiter les impacts du transport sur le climat. La
filière éthanol reste la moins efficace pour réduire
véritablement les émissions de gaz à effet de serre.
Article issu de bioconsomacteurs.org
Agro-carburants : ne passons pas
à côté des vraies questions ! Communiqué
de presse du 6 mars 2007
Le Salon International de l’Agriculture est
consacré cette année aux agro-carburants *. Dans le
même temps se déroulent d’une part un Conseil Européen
(8- 9 mars 2007) qui doit adopter un plan d’action
sur l’énergie, d’autre part un forum afro-européen
sur l’énergie (6-7 mars). A l’occasion de ces évènements,
les Verts s’interrogent sur la justification du soutien
dont bénéficient les agro-carburants.
Le pétrole cher et la prise de conscience des problèmes
posés par l’effet de serre ont conduit l’Union Européenne
et le gouvernement français à faire le choix de dévelop-per
les agro-carburants industriels. Or ce choix pose
aujourd’hui un certain nombre de problèmes et surtout
occulte les vraies questions.
Les pays riches ne pourront jamais produire assez
d’agro-carburants pour remplacer le pétrole qu’ils
consomment, d’autant que les agro-carburants de 1ère
génération sont très peu rentables sur le plan énergétique.
Le développement des agro-carburants avec force pesticides,
engrais chimique et OGM met en péril l’environnement
et la sécurité alimentaire de tous, en particulier
des plus pauvres, comme le montre la «crise de la
tortilla» au Mexique. Les crises énergétique et climatique
ne peuvent aucunement être résolues par cette fausse
solution technique, destinée en réalité à maintenir
l’agriculture productiviste en Europe. Il faut avoir
le courage de poser les vrais problèmes : les pays
riches consomment trop d’énergie. Notre consommation
doit baisser, et ce n’est pas la promotion d’un carburant
faussement «écolo» qui incitera les Français à réduire
leur consommation. Les Verts dénoncent cette orientation
agricole et préconisent au contraire le développent
d’une agriculture à haute performance environnementale,
moins énergivore, car bannissant à terme l’emploi
des pesticides et des engrais chimiques, et plus autonome
sur le plan énergétique grâce à la défiscalisation
de l’huile végétale pure pour remplacer le gasoil.
De plus, les Verts souhaitent que les pays riches
cessent de mettre en péril le développement de l’agriculture
vivrière dans les pays pauvres, état de fait actuel
qu’aggrave encore la demande nouvelle en agro-carburants.
Les Verts
* Agro-carburant : Nous préférons utiliser le terme
d’agro-carburant qui est plus précis que celui de biocarburant
: ces carburants sont issus de l’agriculture, mais ne
sont pas pour autant produits en respectant le cahier
des charges de l’agriculture biologique.
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